Nov
14
to Nov 25

REGARDS CROISÉS SUR LA POÉSIE

Cette deuxième édition de Regards croisés, a lieu à l'initiative de la Bibliothèque de Sault, en partenariat avec l'association Le Grand Sault, l'association Bibliofil, le Printemps des poètes,  les associations de spéléologie Aspa, RagaÏe, La librairie Le Bleuet (Banon) et le soutien du Département de Vaucluse.

À travers une exposition interactive, des rencontres avec des acteurs importants de la scène poétique française, un atelier d'écriture et une aventure unique de spéléologie poétique et musicale, nous proposons d'expérimenter combien la poésie creuse avec précision la matière même de la langue et qu'elle la révèle. Quelle est un véritable aiguillon, une invitation à nous laisser surprendre et peut-être à regarder le monde autrement.

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Nous remercions tout particulièrement François Girault qui a réalisé les visuels de cette manifestation, ainsi que Dominique Franck , Daniel Penez, toutes les équipes de spéléologues et les personnes qui de près ou de loin ont rendu possible cette deuxième édition de Regards croisés.

EXTRAITS

Dominique Fourcade, Outrance, utterance (extrait)

(...) disons-le, je vais sans avancer, ce n'est pas pour connaître que je vais, c'est pour m'exposer à l'inconnaissable. (...) cette voix que je rejoins hors de moi. Cette voix que je rejoins en lieu et place de moi. Cette voix qui ne m'apprend rien sur moi, ce souffle qui m'apprend que le moi n'est rien mais qui seul fait de moi l'existant, cet air qui m'apprend le poème.

Il est une voix qui soulève le monde. Cette voix n'est pas à notre disposition. Elle soulève le monde sans pudeur et comme sans effort. Cette voix est une expérience océanique.

_________________________________________________________________________

 

Arthur Rimbaud, Lettre du voyant,  à Paul Demeny, 15 mai 1871

(…) Donc le poète est vraiment voleur de feu.

Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c’est informe, il donne de l’informe. Trouver une langue ;

— Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, — plus mort qu’un fossile, — pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie !-

Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d’inconnu s’éveillant en son temps dans l’âme universelle : il donnerait plus — (que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès ! Enormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !

Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez ; — Toujours pleins du Nombre et de l’Harmonie ces poèmes seront faits pour rester. — Au fond, ce serait encore un peu la Poésie grecque. L’art éternel aurait ses fonctions ; comme les poètes sont citoyens. La Poésie ne rhythmera plus l’action, elle sera en avant.

Ces poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme, jusqu’ici abominable, — lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l’inconnu ! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres ? — Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons.

En attendant, demandons aux poètes du nouveau, — idées et formes. Tous les habiles croiraient bientôt avoir satisfait à cette demande. — Ce n’est pas cela ! (...)

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Oct
29
7:00 PM19:00

SOIRÉE POÉSIE PERSANE: LECTURES MUSICALES BILINGUES

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Amin Kamran-Zadeh, Niloufar Sadighi et Franck Merger présenteront quelques poètes majeurs de la poésie persane classique et contemporaine, de manière à faire entendre la richesse et la diversité de voix chères aux Iraniens, en particulier Ferdowsi, Sa’di, Hâfez, Omar Khayyâm, Forough Farrokhzâd, Abbas Kiarostami. Les textes seront lus en persan et en français.

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Oct
28
to Oct 30

RÉSIDENCE D'ÉCRITURE - TRADUCTION du Sa'di d'Abbas Kiarostami

Bouclage de la traduction d'une sélection de poèmes du Sa’di az dashte khishtan faryâd, à paraître en version bilingue persan/français dans la collection po&psy princeps en 2018

par Amin Kâmrân, Franck Merger et Niloufar Sadighi, traducteurs,

avec Danièle Faugeras, directrice de collection

Une soirée de lecture bilingue est organisée à cette occasion le dimanche 29 octobre à 19h.

"Le Sa'di d'Abbas Kiarostami"

"La poésie persane, classique ou contemporaine, manifeste sa présence dans le cinéma d’Abbas Kiarostami de bien des manières, par exemple par une citation dès le titre du film ou à l’intérieur des dialogues, et par la reprise de motifs traditionnels comme le vent ou le chemin sinueux, motifs empruntés à la poésie mystique. Le titre du film bien connu Où est la maison de mon ami ? est ainsi repris d’un poème du grand poète contemporain Sohrâb Sepehri. D’une tout autre manière encore, le film Shirin montre le visage des spectatrices d’une adaptation cinématographique de l’épopée Khosrow et Shirin. On peut aussi rattacher à la poésie, mais à la poésie japonaise, et au haïku en particulier, la structure de maint film de Kiarostami, caractérisée par l’effacement de la narration au bénéfice de l’image, comme dans la série des films expérimentaux intitulée Five, véritables haïkus visuels.

Mais l’on ignore souvent qu’Abbas Kiarostami a lui-même publié des poèmes. Il a écrit de la poésie dès son plus jeune âge et a continué à le faire tout au long de sa vie. Le lecteur français peut lire sa poésie en particulier dans la collection bilingue « Po&psy » de l’éditeur Érès, où trois de ses recueils ont été réunis en 2014 sous le titre Des milliers d’arbres solitaires.

Abbas Kiarostami a publié un autre recueil Sa’di az dashte khishtan faryâd (Faryâd = Le Cri ou La Plainte) d’une manière toute particulière : il a puisé dans l’œuvre poétique de Sa’di, figure majeure du panthéon poétique iranien, des vers ou des distiques, et, en en transformant la disposition sur la page, a fait de chacun d’eux un poème bref. L’humour narquois, les jeux verbaux, le travail rythmique, sont partout présents. Le geste poétique de Kiarostami est à la fois anthologique et typographique. La poésie de Sa’di se transforme alors en poèmes de Kiarostami. À travers ce recueil apparaît un sujet poétique tout à la fois enclin au concret, moraliste, au vrai sens du terme, amoureux et anticlérical.

Ce recueil est fait de plus de six cents poèmes brefs. Un choix d’une centaine de poèmes sera publié en 2018 dans la collection « Po&psy », sous le titre Sa’di ivre d’amour."

 

Franck Merger

 

Les participants :

 

Amin KÂMRÂN a vécu à Chiraz jusqu’à sa venue en France, à Aix-en-Provence, il y a quelques années, pour y mener des recherches en droit constitutionnel comparé (France-Iran). Être né dans la ville de Hâfez et de Sa’di prédisposait Amin KÂMRÂN à l’amour de la poésie.

Franck MERGER enseigne la littérature en khâgne à Aix-en-Provence. Il traduit en français des poètes italiens et persans. À Salon-de-Provence, il a créé en 2014 et co-organise depuis lors les « Archipels de la poésie ».

                  Niloufar SADIGHI : née en Iran, elle a fait toute sa scolarité en France. Ancienne élève de l’E.N.S. Fontenay, agrégée de lettres modernes, diplômée des Langues Orientales en langue et civilisation persane, elle est professeur de lettres à l’Ecole Européenne de Bruxelles depuis 2007.

            Franck MERGER et Niloufar SADIGHI ont contribué à la traduction de l'œuvre poétique complète d'Abbas KIAROSTAMI parue en 2014 dans la collection PO&PSY in extenso sous le titre Des milliers d'arbres solitaires.

            Danièle FAUGERAS vit et travaille dans le Gard. Elle partage son activité d’écriture entre poésie, traduction et édition. Elle a créé en 2008 aux éditions ERES, et codirige depuis avec Pascale JANOT la collection de poésie PO&PSY et l'association du même nom, qui en assure la diffusion par la rencontre directe de publics variés, auxquels elle propose des manifestations souvent multimédias.

Elle a publié plusieurs recueils de poésie, depuis Ici n'est plus très loin (2001) jusqu'à Quelque chose n'est,sur des dessins d'Alexandre Hollan, et Éphéméride 03, avec des dessins de Martine Cazin (2014). Parmi ses traductions de poésie : Patrizia Cavalli, Paolo Universo, Issa (en collaboration avec Pascale ainsi que les œuvres poétiques complètes d'Antonio Porchia et de Federico García Lorca.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les participants :

 

Amin KÂMRÂN a vécu à Chiraz jusqu’à sa venue en France, à Aix-en-Provence, il y a quelques années, pour y mener des recherches en droit constitutionnel comparé (France-Iran). Être né dans la ville de Hâfez et de Sa’di prédisposait Amin KÂMRÂN à l’amour de la poésie.

Franck MERGER enseigne la littérature en khâgne à Aix-en-Provence. Il traduit en français des poètes italiens et persans. À Salon-de-Provence, il a créé en 2014 et co-organise depuis lors les « Archipels de la poésie ».

            Niloufar SADIGHI : née en Iran, elle a fait toute sa scolarité en France. Ancienne élève de l’E.N.S. Fontenay, agrégée de lettres modernes, diplômée des Langues Orientales en langue et civilisation persane, elle est professeur de lettres à l’Ecole Européenne de Bruxelles depuis 2007.

            Franck MERGER et Niloufar SADIGHI ont contribué à la traduction de l'œuvre poétique complète d'Abbas KIAROSTAMI parue en 2014 dans la collection PO&PSY in extenso sous le titre Des milliers d'arbres solitaires.

            Danièle FAUGERAS vit et travaille dans le Gard. Elle partage son activité d’écriture entre poésie, traduction et édition. Elle a créé en 2008 aux éditions ERES, et codirige depuis avec Pascale JANOT la collection de poésie PO&PSY et l'association du même nom, qui en assure la diffusion par la rencontre directe de publics variés, auxquels elle propose des manifestations souvent multimédias.

Elle a publié plusieurs recueils de poésie, depuis Ici n'est plus très loin (2001) jusqu'à Quelque chose n'est,

sur des dessins d'Alexandre Hollan, et Éphéméride 03, avec des dessins de Martine Cazin (2014).

Parmi ses traductions de poésie : Patrizia Cavalli, Paolo Universo, Issa (en collaboration avec Pascale

JANOT), ainsi que les œuvres poétiques complètes d'Antonio Porchia et de Federico García Lorca.

 

 

 

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Oct
15
9:30 AM09:30

FIGUE(4) 2017 - (4ème édition) RENCONTRES AUTOUR DE QUATRE ÉDITEURS DE POÉSIE INDÉPENDANTS

À l'initiative de Danièle Faugeras et Michel Foissier,  des ÉDITEURS DE POÉSIE (indépendants) proposent des RENCONTRES (6 dimanches par an, dans des lieux chaque fois différents du midi de la France ) comme des FIGUES DE PAROLES (hommage-clin d’œil à Francis Ponge),à un public désireux de DÉCOUVRIR, SE NOURRIR ET SE FORTIFIER DANS UN VRAI PARTAGE

PO&PSY/ Danièle Faugeras/ 95A rue du Castelas, 30260 LIOUC / 06 72 67 41 98 /  poetpsy@orange.fr/  http://www.poetpsy.wordpress.com

Propos2éditions / Michel Foissier / Saint Sargues, 04230 ONGLES / 06 07 41 17 70 / courrier@propos2editions.net / http://www.propos2editions.com

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Jun
15
to Jun 17

RÉSIDENCE DE CRÉATION / ROCK DE CUISINE

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Rock de cuisine, un projet à laisser mijoter doucement

 

Michel Mandel : clarinettes

Guigou Chenevier : percussions, objets divers

 Après avoir fait bouillir la marmite ensemble pendant dix-sept ans dans le groupe derock de chambre  inclassable VOLAPÜK,  Guigou Chenevier et Michel Mandel remettent le couvert.

Ce nouveau projet en duo est porté par leur désir de revendiquer des choix musicauxradicaux. C'est une attitude, une urgencetout à fait rock qui leur sert d'aiguillon.

Ils imaginent un rock acoustique qui les représente et n'excluent aucune MVNI (Musiques Musiques Vivantes Non Identifiées).

Le terme de cuisine  fait ici référence à leur besoin de musique dans la proximité.  Leur besoin d'inventer d'autres formes pour partager avec le public l'élaboration d'une musique en train de se construire et d'en faire apprécier toutes les étapes. À Laisser mijoter doucement...

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Jan
21
to Jan 22

HOMMAGE À MICHEL TOURNIER

SAMEDI 21 JANVIER 2017 À 19H

LE FÉTICHISTE

joué et mis en scène par Denis Bernet-Rollande

Une histoire simple, en apparence, comme un costume croisé. Un texte raffiné comme de la belle lingerie. Mr Martin, grand naïf, fétichiste et pickpocket récidiviste, trouve dans la dentelle les fils de son destin et une aubaine inattendue dans une petite culotte. Avec Le Fétichiste nous plongeons dans une folie positive et rafraichissante. Par son jeu d’acteur simple, troublant et audacieux, Denis Bernet-Rollande, fidèle à ses choix exigeants, nous entraine dans les obsessions singulières d’un personnage attachant et haut en couleurs.

DIMANCHE 22 JANVIER

- 11H : VOYAGE SONORE PROPOSÉ PAR ALAIN LAFUENTE, percussionniste

Alain Lafuente, percussionniste passionné par les différents timbres des percussions a rassemblé au fil des années un grand nombre d'instruments venus des quatre coins du monde. Il nous propose un voyage étonnant dans le monde des sons et de l'imaginaire chers à Michel Tournier.

- 15H / 17H : SCÈNE OUVERTE À LA LECTURE PUBLIQUE

Nous partagerons un livre de Michel Tournier dont  vous aurez choisi de lire un extrait en public. Vous serez accompagnés, si vous le souhaitez, par Alain Lafuente qui saura, grâce à sa longue pratique de l'improvisation,  tisser un lien sensible entre les mots et la voix.

Le temps de lecture sera au minimum d'1/4 d'heure

inscriptions indispensables au 06 60 80 38 73 ou à contact@legrandsault.com

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quelques traces…

copyright François Girault

 

Vivamus pellentesque vitae neque at vestibulum. Donec efficitur mollis dui vel pharetra.
— Pablo
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Oct
13
to Oct 15

REGARDS CROISÉS SUR LE THÉÂTRE CONTEMPORAIN


Manifestation proposée par
LA BIBLIOTHÈQUE DE SAULT et LE GRAND SAULT
en partenariat avec LE COLLÈGE DE SAULT


JEUDI 13  

Le collectif LA VIE BRÈVE partage une journée autour de leur dernière création QUOI
avec les collégiens. Transmission, ateliers collectifs etc
LIEU: COLLÈGE DE SAULT


VENDREDI 14  


La Compagnie (made in théâtre) pésente LA MANIFESTATION d’Antoine Choplin
mise en scène et jeu Denis Bernet-Hollande
APRÈS-MIDI avec les collégiens :
Denis Bernet-Rollande présente des extraits du spectacle et échange sur le travail d’acteur
et l’écriture théâtrale

SOIRÉE  
autour d’une représentation du spectacle en présence (sous réserve)
de l’auteur ANTOINE CHOPLIN

19H SPECTACLE
suivi d’échanges, débat dans le cadre d’une soirée conviviale / apéritif dinatoire
LIEU: LE CLER

 

SAMEDI 15

    
Représentation de QUOI par le collectif LA VIE BRÈVE
LIEU: ANCIEN COLLÈGE DE SAULT (HORAIRES À PRÉCISER)

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Jan
19
7:00 PM19:00

BLANCHE AURORE CÉLESTE

pour ouvrir ensemble l’année 2016, retrouvons-nous au Cler (hameau de La Loge, 84390 Sault)

LE MARDI 19 JANVIER 2016 À 19H

La représentation sera suivie d’un temps d’échange convivial
autour de l’écriture théâtrale.
Cette soirée est organisée en partenariat
avec la Bibliothèque de Sault et Bibliofil.

( durée 1h entrée 10€ recette entièrement reversée à l’artiste )


BLANCHE AURORE CÉLESTE
de NOÊLLE RENAUDE

par la compagnie (made in théâtre)
Mise en scène et jeu Denis Bernet-Rollande


« Marcel était en Chine. Marcel était au pôle. Marcel était sur mer. Marcel était ailleurs. » 

Ainsi se lamente Blanche, seule sur la scène de la vie, Blanche qui traîne son rêve de grand amour tout au long de rencontres hasardeuses, et d’histoires sans lendemain. Blanche déroule sur scène la complainte d’une femme touchante et parfois drôle. Un Don Juan en robe qui tenterait par la parole de reprendre la main sur son destin, ainsi apparaît le personnage campé avec intensité par Denis Bernet-Rollande. Entre force et fragilité, entre péripéties rocambolesques et aveux bouleversants, le texte de Noëlle Renaude offre une variation tragicomique pour âme seule. 

« Je me débrouille avec ce qui fait que je suis moi. »

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Sep
1
to Sep 30

RÉSIDENCE DU COLLECTIF LA VIE BRÈVE

Que s'est-il passé en septembre 2015 ?

_

 

Je suis venu, avec trois actrices et trois acteurs, confronter notre tentative d'écriture collective au soleil du beau pays de Sault.

Notre domaine de recherche, c'est le théâtre, et dans ce domaine nous pratiquons l'écriture au plateau : une manière de créer des spectacles dans laquelle les acteurs inventent les situations et les mots qui composeront la pièce finale. Il y a, au fil des improvisations et des répétitions, des scènes qui viennent, des scènes qui s'en vont, et celles qui restent seront repassées cent fois sur le métier avant d'être montrées au public.

C'est une écriture collective et un mot en entraîne un autre jusqu'à ce qu'on ne puisse plus dire, dans la polyphonie créatrice, qui est l'auteur de telle ou telle phrase.

Durant quatre semaines, ont aussi participé à la création de notre spectacle : la riche bibliothèque et la salle de travail, côté scène et côté table ; les sentiers autour de la maison, pistes de marche ou de course, pour se perdre ou se retrouver ; les petits santons ; les bois de cerf ; l'Institut Purciou et son masque de jour en peau de cochon ; le silence et le vent. Et Anne bien sûr.

Ce que je retiens le plus dans le cadre de la résidence fut cette soirée d'ouverture où, après trois semaines de travail presqu'à huis clos, nous avons rencontré ceux qu'Anne avait invités, les gens du coin comme on dit, fraiches relations ou simples connaissances. Les gens du coin, c'est-à-dire ceux qui vivent là à l'année, c'est-à-dire aussi ceux qui connaissent très bien le théâtre, ou qui n'y sont jamais allé, qui travaillent la terre chaque jour, ou bien dans un bureau, des jeunes et des vieux, certains ayant pour seul référence de ce qu'est un acteur ce qu'ils en ont vu à la télé. Bref il y avait du beau monde, et nous voulions leur montrer trente minutes de notre théâtre. Ça s'est très bien passé ; et nous le savions au fond, que c'est peut-être ce public qui est le plus apte à comprendre le théâtre que nous cherchons, le spectacle débarrassé des préjugés de forme ou de fond que les institutions parviennent difficilement à ne pas reproduire. Et la discussion qui suivit m'a laissé le souvenir que j'étais sans doute venu chercher, la rencontre de la vie et de l'art. Et tous les présents étaient aussi bien d'un côté comme de l'autre. Une question notamment, soulevée par beaucoup, serait à retenir : comment transmettre ce que nous avons mis dans l'écriture ? Dans la mesure où nous envisageons notre écriture comme éphémère, s'effaçant après notre passage sur le plateau, notre passage sur terre. Je parle pour dans dix siècles.

 

Marc Vittecoq

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